La dernière vague de sondages Ipsos Média semble l'indiquer, il y a un frémissement d'audience au niveau des webradios.
Il faut dire que certains groupes ont mis le paquet pour offrir des formats alternatifs et censés toucher de nouvelles catégories d'auditeurs : NRJ Latina, NRJ Mastermix bootleg (bootlegs réalisés par des DJ's), NRJ Métal, Cherie FM Zen (jazzy), Cherie FM Concerts Live, Nostalgie British and American Legend, Nostalgie Slows de Légende, Vintage FG, FG Chic (garage, deep house)....
Globalement, alors que 22 millions de personnes sont concernées par la consommation convergente des médias (c.a.d la consommation hors du support d'origine), c'est le média radio qui tire le mieux son épingle du jeu. Au cours des 3 derniers mois, 17.5 millions de personnes (+1.1 %) ont écouté un programme radio sur Internet, soit 63% des internautes et 23% d'entre eux écoutent la radio sur support numérique tous les jours ou presque.
Si le support principal reste l'ordinateur, le téléphone mobile progresse également.
Concernant les webradios, les "pure-players" (radios uniquement présentes sur le web) deviennent de vrais challengers face aux offres des radios traditionnelles puisque 31% des internautes affirment avoir écouté une radio exclusivement web au cours des 3 derniers mois.
Je pense que cet engouement récent est le résultat de 2 phénomènes qui ont eu pour effet de créer puis de dynamiser un véritable marché de niches musicales.
Tout d'abord, un phénomène d'achat éprouvé par des E-marchands culturels comme Amazon et connu sous le nom de Long Tail ou Théorie de la Longue Traîne.
Alors que les points de vente traditionnels rationalisent leur offre en adoptant la politique du 20/80 (20%des articles proposés réalisent 80% du C.A.), Amazon réalise 50% de son C.A avec du back-catalogue.
Par quel procédé marketing réalise t-il cet exploit ? La Recommandation....Proposer à l'internaute d'acheter des albums dans un genre similaire au CD sélectionné et faisant partie d'un immense choix de réferences stockées en faibles quantités.
N'est-on pas rassuré de lire "les internautes qui ont acheté le même CD que vous ont aussi acheté X, Y ou Z" ? Apparemment oui et, de clics en clics, ces recommandations puisent progressivement dans un catalogue au départ réservé aux puristes ou aux spécialistes. Alors que l'on était venu pour acheter le dernier David Guetta, on repart également avec le dernier album de Groove Armada ! Quelle grande surface culturelle est capable d'orienter aussi puissamment ses clients et de doubler voire tripler la valeur initiale du panier ? aucune, à moins de disposer de vendeurs à la fois disponibles et compétents ce qui est rare.
Ensuite, un phénomène de consommation gratuite symbolisée par le diabolique système du Peer to Peer (P2P).
Ne voyant en lui que la cause de tous les malheurs de l'industrie du disque, on a oublié qu'il a contribué à créer une appétence croissante pour la musique, notamment grâce à la découverte et à la recommandation virale d'artistes qui ne sont pas exposés dans les médias traditionnels.
Les adeptes du téléchargement illégal sont-ils des fraudeurs à 100% ? ne participent-ils pas, eux aussi, à la promotion d'artistes de niches via l'échange ? Ne sont-ils pas aussi enclins à acheter un bon album découvert par le P2P ? Il serait intéressant d'avoir quelques chiffres sur le sujet.
Lorsque le P2P sera endigué par un réel arsenal répressif, ceux qui sont devenus "accros" par une consommation insatiable chercherons à perpétuer cette quête de la nouveauté par tous les moyens dont l'écoute des webradios (puis de la future Radio Numérique Terrestre).
Comme je le pense, les webradios profitent de l'explosion du marché des niches musicales en proposant des formats pointus qui correspondent aux nouveaux goûts de ces consommateurs devenus de plus en plus exigeants car on a développé leur culture globale et leur appétit. Même s'il est toujours possible d'enregistrer les morceaux grâce à une bonne qualité d'écoute (car on empêchera jamais ceux qui n'achètent jamais de disque d'enregistrer la radio), les droits d'auteurs (DRM) générés par la vente des morceaux diffusés sur le web doivent permettre aux artistes de ne plus être spoliés et de voir dans les webradios une main tendue vers la reconnaissance.
Suivons de près l'évolution de cette tendance qui annonce peut-être la fin de l'agonie de l'industrie musicale.
Ces versions revisitées représentent d'ailleurs une grande partie de la programmation de la très classieuse webradio Cherie FM Zen.
Ce Double CD regroupe les meilleurs titres des compilations "Jazz and 80's", "Jazz and 90's", "Bossa N' Marley", "Bossa N' Roses" et "Bossa N' Stones".
Contrairement aux sempiternels Buddha Bar et Hotel Costes aux tracklistings très contestables, tous les titres se suivent ici sans enchainements et avec une cohérence sonore remarquable.
Pas de fautes de goût et de remplissages honteux ce qui est rare vu le nombre de compilations lounge présentes dans les bacs et constituant de véritables impostures musicales.
Dans les chefs d'oeuvre, citons :
- Eve St.Jones : space cowboy (JAMIROQUAI)
- Ituana : waiting in vain (BOB MARLEY)
- The Cooltrane Quartet : wonderwall (OASIS)
- Dinah Eastwood : hungry like the wolf (DURAN DURAN)
- George White Group : gypsy woman (CRYSTAL WATERS)
- James Farelli : in the air tonight (PHIL COLLINS)